PVT Canada : bilan 1 an

PVT Canada : bilan 1 an

Le 27 avril 2019, on prenait notre avion Lyon-Montréal pour vivre notre deuxième expatriation. Après l’Australie il y a six ans, direction une nouvelle aventure : le Canada !

Tout quitter pour vivre ailleurs ne me faisait pas peur. On l’avait déjà fait, côté logistique, on savait faire (petite naïve que je suis).

En vrai, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, n’ayant jamais mis les pieds au Canada, je savais juste qu’apparemment les gens étaient sympas. J’étais excitée et aussi un peu triste de quitter de nouveau mes proches, sachant que je revenais à peine d’un voyage solo de plusieurs mois.

Un an d’expatriation

Si je devais décrire en une phrase ces 12 derniers mois, je dirais que ça a été aussi beau que difficile. Ce qui est sûr, c’est que je ne m’attendais pas à ce que cette année soit un tel défi pour moi mentalement (ajoute à ça le confinement maintenant, what a year 2020, tu fais pas semblant) !

Le Canada

Je peux dire les yeux fermés que j’aime profondément ce pays. Les gens sont positifs, gentils et bienveillants. J’ai eu la chance de rencontrer des Canadiens et Québécois formidables qui m’ont accueilli, fait évoluer, poussé à élargir ma façon de penser sur des tonnes de sujets. Qui m’ont parfois fait lever les yeux au ciel avec leurs blagues sur les maudits Français, mais qui de manière générale, ont confirmé le fait que, oui c’est vrai, les Canadiens sont vraiment sympas.

Les paysages ? N’en parlons pas ! Ils sont dingues. En 12 mois j’ai pu visiter Vancouver, Tofino, Toronto, Ottawa, Québec, faire un roadtrip en automne pour profiter de l’été indien et aller aux USA.

Montréal

Montréal est une très belle ville où il fait bon vivre. J’ai adoré l’explorer au printemps, en été, en automne puis en hiver. À chaque saison son lot d’évènements, de festivals, de beaux moments. Même quand il a fait -30° degrés. Sa diversité culturelle, sa nature alentour, sa position géographique qui permet de facilement voyager, ses nombreux restaurants et cafés… Le fait de parler anglais et français dans une même phrase (et à la fin de ne plus savoir parler français « du coup »). Bref, on s’y sent bien, vraiment et je ne regrette en rien le choix de cette ville.

L’expatriation

Si je dis que le plus gros défi de cette dernière année a été mental, je ne parle pas du pays, mais bien de l’expérience de l’expatriation. En prenant du recul aujourd’hui, je sais que tout ça a été très positif pour moi. Namastééé. Mais dans l’imaginaire collectif, sous fond de reportages Capital du dimanche soir, l’expat’ elle fait souvent rêver. Et pourtant ce n’est pas QUE du rêve, de la découverte et ça je pense que c’est bien de le dire aussi.

J’ai eu pas mal de hauts et de bas sur les 12 derniers mois. Il y a eu des évènements et des remises en question personnelles qui ont beaucoup joué aussi. J’ai géré un deuil loin de ma famille. J’ai eu pas mal de doute sur mon métier, si je souhaitais continuer dans le marketing et ça a forcément joué sur mon ressenti. Quand on a des phases de transitions ou des évènements comme ceux-là, le fait d’être loin de ses piliers (et d’un petit bilan de compétences gratos chez Pôle Emploi), m’a donné l’impression d’être vraiment perdue.

Je l’ai parfois exprimé à mes proches et souvent je l’ai gardé pour moi. Parce qu’il est difficile pour eux de se mettre à ma place quand on ne vit pas la situation. Combien de fois ils m’ont dit : « mais si Ambre, profite ! C’est vraiment une expérience géniale, il faut la vivre à fond ». J’ai souri silencieusement, alors que j’avais envie de leur dire que ce que je vivais, ça n’avait rien à voir avec leur deux semaines annuelles de vacances. No offense, mais t’sais un peu vénère quand même.

Attention, bien sûr que ça a été mon choix de partir vivre dans un pays étranger et au fond ils ont eu raison de me pousser à continuer. C’est une expérience de vie que je conseille à tout le monde tant elle permet de grandir et de s’ouvrir aux autres. C’est génial d’apprendre une nouvelle culture, de se bousculer, mais des fois l’expatriation c’est chiant. C’est chiant par exemple :

Quand l’eau te déglingue le ventre (ou l’excès de bouffe nord-américaine) et que tu investis donc dans une Brita, ta nouvelle BFF.

Quand ta patience est mise à rude épreuve à chaque fois que tu dois ouvrir une boîte de conserve avec un ouvre-boîte de marde, parce que va savoir pourquoi, ici, ils ont pas l’ouverture facile sur les conserves.

Quand une partie de ton dimanche consiste à appeler la famille, en pleine journée, à cause du décalage horaire. Bizarrement, de l’autre côté de l’Atlantique on te demande TOUJOURS et ENCORE « quelle heure c’est chez toi ? » au bout de 12 mois (suspens… toujours 6 heures de moins). Et ma sœur m’appelle ENCORE à 6h du mat en oubliant ces fameuses 6 putains d’heures de décalage. (mais si vous connaissez ma sœur, vous ne serez pas surpris).

Bref, quand un petit rien ne fonctionne pas, loin de tout (et surtout de ta mère) tu (enfin moi) t’en fait une montagne, faute de repères.

J’ai la chance, me direz-vous, de vivre ça à deux et de ne pas être seule. C’est certain, mais mon couple aussi a été mise à rude épreuve. Parce que ton seul repère justement, c’est l’autre. On doit remplir tous les rôles : ami, amant, amoureux et psy. Et oui ! L’environnement qu’on a normalement en France, les potes, l’équilibre, le fait de ne pas toujours être cul et chemise, on ne l’a pas ici. Et puis on est deux justement. Quand tu veux t’écouter et rentrer en France… ou faire du woofing en pleine nature canadienne (!)(je trouvais l’idée vraiment bonne pourtant), tu te calmes et tu te reprends car on est deux dans cette aventure. On prend les décisions à deux.

Alors, oui, parfois, sans vous mentir, ça a été une vraie bataille mentale de mon côté. Mais ça en valait la peine ! Parce qu’à pousser un peu plus à chaque fois, je me suis quand même donné la possibilité de vivre de belles choses tout au long de cette dernière année. Et maintenant, je n’ai jamais était aussi certaine de ce que je veux pour le futur !

Spoiler alert ? Ma famille et mes amis sont importants pour mon équilibre !

C’est un des dilemmes de l’expatriation pour certains. Tu vis des trucs super cools, mais ceux que tu aimes sont trop loin pour le vivre avec toi. Dans le meilleur des mondes, j’aimerai être ici et avec eux. Mais il faut choisir et pour l’avenir, je sais que je les veux dans ma vie, au quotidien. C’est marrant car avec ce confinement, pas mal de gens de mon entourage m’ont dit « c’est difficile quand même de ne pas voir la famille, les amis, on les voit en vidéo, mais c’est pas pareil ».

Intérieurement, j’ai ri. Cheh !

Vous en avez marre au bout d’un mois ? Ça fait un an pour moi les gars, vous savez ce que je ressens un peu maintenant comme ça. Mais plus sérieusement, ce que j’ai mis un an à comprendre ici, pas mal s’en sont rendu compte en un mois express de confinement. J’ai un peu les boules, mais bon, soit, chacun son rythme. Qu’est-ce qui est essentiel dans sa vie au fond ? Pour moi c’est la famille, les gens que j’aime, ah et la nature aussi. Montréal est l’une des meilleures villes dans laquelle j’ai vécu, mais pour le futur, j’ai besoin de plus de vert. Je sais ce que je veux, où je veux habiter et je suis quand même excitée et heureuse de me dire qu’un nouveau chapitre (j’ai toujours trouvé ça ringard de dire ça, mais osef) débutera dans quelque temps.

Après un an ici, je peux dire que ce pays est fou et qu’il me reste tant à découvrir du Canada. Que c’est difficile de se dire qu’on ne restera pas ici toute notre vie, parce qu’au fond on le sait, mais qu’en même temps on l’aime tellement. Que Montréal est l’une des villes les plus cool au monde. Que l’hiver ici, c’est pas si pire. Que les Canadiens sont vraiment, vraiment sympas. Et que malgré mes mental breakdown à répétition, ces 12 derniers mois au Canada ont été magiques.

Si vous voulez tenter l’expatriation, faites-le. Vous ne pourrez jamais savoir ce que c’est vraiment avant de l’avoir fait. Vous pourrez entendre les retours de dizaines d’expat’, ils seront tous différents. C’est un beau projet, c’est difficile, c’est fou, vous passerez par toutes les émotions. Qu’importe que l’aventure dure 3 semaines, 7 mois ou 5 ans… Vous apprendrez des choses dans tous les cas de cette expérience.

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6 Commentaires

  1. Avr 27, 2020 / 7:49

    Super article et joyeux anniversaire alors!!!
    Ah les difficultés de l’expatriation et toutes les remises en question qu’elle implique .
    Finalement est-ce que vous passez tout de même une année supplémentaire ici ou vous avez d’autres projets?

    • Ambre
      Auteur
      Avr 27, 2020 / 9:15

      Merci Emilie ! Pour le moment, nous sommes toujours à Montréal, on attend un peu de voir comment la situation évolue 🙂

  2. Aude
    Avr 28, 2020 / 1:04

    Très bien dit ! Pour nous cela fait 8 ans en Chine et on doit rentrer s’installer En France cet été et on a les mêmes questions qu’à l’arrivée. Plus on reste moins on a envie de partir et on sait que le retour sera dur
    Courage pour la suite

    • Ambre
      Auteur
      Avr 28, 2020 / 4:28

      Hello Aude,

      Merci pour ton message. Je me doute que cela doit être difficile après 8 ans, tant j’aime déjà Montréal et ma vie ici après un an. Mais je réfléchis à des futurs projets aussi pour me projeter, quelque chose qui me donnera « envie » de rentrer pour que la transition se passe le mieux possible 🙂 Le point positif, c’est que vous allez rentrer en été et que c’est une saison top pour retrouver les petits plaisirs français qui nous manquent 🙂 Pense apéro, pain frais, chaleur… Je t’embrasse !

  3. Ta couz' Mel
    Avr 28, 2020 / 3:42

    Trop chouette ce p’tit bilan.
    Très bien écrit et je comprends ces hauts et ces bas.
    Ca me rappelle une situation banale (parce que vécue par beaucoup de monde) et similaire ;
    Celle où tu ne vas pas bien, mais que tu ne sais pas mettre des mots dessus et ton super gentil entourage te dit « Mais pourquoi ça va pas ? T’as tout pour être heureux(-se) quand même ! t’as une maison, un mari (une femme), des enfants, un boulot, des potes, du fric,…. De quoi tu te plains ???? ».
    Super…. Ainsi grâce à eux, on ne va toujours pas mieux mais en plus on culpabilise !!!

    Bref, chapeau Ambre, car tu as su l’exprimer, et surtout, le dépasser en te surpassant. Belle leçon de vie que tu ramèneras dans ton « bagage ».
    Bonne continuation dans votre voyage et dans ton léger « spleen » qui finalement est un beau moteur de questionnement et de développement de  » Toi « . Inspirante quoi !

    • Ambre
      Auteur
      Avr 28, 2020 / 4:25

      J’aime toujours nos réflexions Mel ! Joli parallèle avec le « Tu as tout pour être heureux(-se) » qui est encore plus renforcé je pense maintenant avec l’impression qu’on a de connaître la vie des gens avec les réseaux sociaux et le partage qu’on en fait. Il faut pas mal d’empathie et de compassion pour voir au-delà du factuel. Comme tu dis, l’expérience, le voyage et ce spleen m’ont permis de bien identifier ce que je veux. Tu y crois, toi, après tous mes « je ne sais pas ce que je veux et où je veux habiter » haha ! Hâte de te revoir <3 Je t'embrasse fort !

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